Le jour où le Directeur général a demandé : "Sommes nous confortables avec le PCA?"

Clotilde Marchetti
15/07/2026
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Un beau matin, le Directeur général entre dans votre bureau, tasse de café à la main, et pose la question fatidique : « Dites-moi, sommes-nous confortables avec notre PCA » ?

 

Pourquoi tout à coup cette préoccupation ? Il est vrai que depuis des années au sein du Groupe, la résilience ressemble plutôt à la belle endormie, que les alertes répétées du risk manager ou de l’audit interne n’ont pas réussi à sortir de sa léthargie. Mais force est aussi de constater que l’entreprise a déjà largement investi dans une stratégie et des équipements de cybersécurité au prix de plusieurs centaines de milliers d’euros. D’ailleurs elle a toujours été épargnée, du moins jusqu’à présent, par toutes sortes de catastrophes naturelles ou technologiques, contrairement à nos concurrents. Notre réaction pendant la crise sanitaire du COVID a été saluée comme exemplaire. Aussi il sera toujours temps d’organiser le dispositif de réponse à la crise, dès lors que, par exemple, le chiffre d’affaires sera redressé comme l'attendent les actionnaires, que les équipes opérationnelles auront intégré la nouvelle organisation qui les mobilise tant ou que la prochaine migration informatique sera pleinement aboutie...

 

Face à cette soudaine inquiétude du CEO, plusieurs hypothèses s’offrent donc à vous. Peut-être le conseil d’administration a-t-il enjoint au Directeur général de lui donner des garanties sur le dispositif de protection en place. Peut-être pense-t-il pouvoir rassurer les collaborateurs sur la capacité de reprise de l’entreprise. Ou peut-être craint-il de ne pas remporter un marché stratégique dans le cadre d’un appel à consultations qui exigerait des fournisseurs pressentis de ne pas s’exonérer de la force majeure…  

 

En fait, la question n'est pas de savoir si un PCA est utile : rares sont les dirigeants qui en doutent encore. Le véritable enjeu réside dans la capacité de l'organisation à arbitrer en faveur d'un dispositif dont les bénéfices ne seront visibles qu'au moment où tout le reste aura cessé de fonctionner. Tant que la crise n'est qu'une hypothèse, le PCA est concurrencé par des priorités jugées plus immédiates. Lorsqu'elle survient, il n'est plus un projet parmi d'autres : il devient le révélateur des arbitrages qui auront été faits les années précédentes.